
Aider les personnes en situation d’itinérance à se stabiliser, à se soigner et à se loger durablement: c’est l’objectif du programme PRISM, qui sera implanté en Estrie d’ici l’hiver 2026 grâce au Partage St-François et au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, avec le soutien de Santé Québec.
Le PRISM «offre un accompagnement clinique en favorisant la stabilité résidentielle, le tout en combinant les soins psychiatriques, les suivis psychosociaux et l’expertise des organismes communautaires», explique Sébastien Laberge, directeur du Partage St-François, en conférence de presse lundi dans les locaux de l’organisation.
Précisément, le Partage St-François chapeautera un nouvel hébergement temporaire de huit lits «accessibles en continu», dans lequel «des personnes, qui sont dans les portes tournantes des différents services existants et qui ont un lourd bagage de problématiques de santé, pourront être mises en contact avec différents acteurs des milieux de la santé et des services sociaux», complète M. Laberge.
Pour le moment, le nouveau lieu d’hébergement n’a pas été identifié, rapporte le directeur général du Partage St-François. «Il faut trouver un lieu; une maison de chambres qui permettrait de déployer les services. L’endroit devra être bien situé, donc à proximité des autres services. La maison devra aussi bien s’intégrer dans le milieu. On veut que ce soit humain et chaleureux. On a des discussions à avoir avant de statuer.»
Le programme d’une durée de huit à 12 semaines s’échelonnera aussi dans le temps, selon les besoins des adhérents, puisque son objectif est de pérenniser la stabilité résidentielle des personnes en situation d’itinérance avec des troubles graves de santé mentale.
«Ailleurs au Québec, où le programme est installé, on parle de 63 % à 81 % des participants qui maintiennent un logement un an après leur passage dans le programme», souligne Geneviève Hébert, députée de Saint-François, qui prenait parole au nom de la nouvelle ministre des Services sociaux, Sonia Bélanger.
Briser le silo
«Quand on parle d’itinérance, la collaboration est nécessaire, soulève Sébastien Laberge. Les gens avec lesquels on travaille ont des problématiques complexes. En travaillant en silo avec elles, on constate généralement un échec, malheureusement. Avec le PRISM, il y a cette obligation, si je peux le dire ainsi, de collaborer.»
D’autant plus que l’on compte en Estrie une diversité d’organismes communautaires, rapporte Gaëlle Simon, directrice des programmes de santé mentale et dépendance et directrice des services généraux au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.
«Chacun apporte une contribution unique et essentielle à nos clientèles. Pour ce programme en particulier, nous recherchions un organisme dont la mission était centrée sur l’itinérance et qui possédait une solide expertise clinique», poursuit Mme Simon.
Concrètement, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS dédiera une équipe médicale, composée de deux médecins psychiatres qui interviendront dans la nouvelle maison de chambres. «On va avoir une équipe d’infirmiers et de travailleurs sociaux qui vont venir [soutenir] cette équipe. Ce sera donc une équipe multidisciplinaire qui soutiendra les usagers et offrant des soins directement dans l’hébergement temporaire», souligne Gaëlle Simon.
Le cadre clinique des projets PRISM est déjà bien établi, affirme Sébastien Laberge. «On ne réinventera pas la roue. Cependant, il y aura un travail clinique à faire avec les différents partenaires pour adapter le projet PRISM à notre réalité régionale, donc en complémentarité avec les différents services qui sont déjà offerts sur le territoire et nous assurer que tous les bons acteurs sont à la bonne place.»
Un ajout qui ne réglera pas tout
Interrogé sur la difficulté à sortir les personnes en situation d’itinérance de la rue, Sébastien Laberge consent qu’il faudra des incitatifs.
«Le PRISM en a quand même qui sont super intéressants. Ça reste un projet volontaire, mais les gens veulent avoir des soins. Les gens veulent avoir des suivis avec des partenaires et des professionnels. Ils veulent des réponses à leur problématique et ils veulent un logement définitif. Il n’y a personne qui est dans la rue parce qu’il veut être dans la rue», déclare-t-il.
Le programme ne conviendra pas à tout le monde, admet le directeur général du Partage St-François. En revanche, créer l’opportunité suscitera certainement l’intérêt de plusieurs, croit-il.
«Le PRISM est un outil de plus, mais, à lui seul, il ne sortira pas tout le monde de la rue, même chose pour les autres services individuellement parlant», renchérit-il.
«Ce que l’on souhaite, dit Gaëlle Simon, c’est que les gens soient au bon endroit pour les bons besoins. Si la personne a besoin de gérer sa situation de santé mentale et qu’elle est en crise, elle est à la bonne place à l’hôpital. On va l’accompagner.»
«Cependant, éventuellement, il faut qu’elle retourne à la maison. Quand elle n’a pas de maison, c’est là où ça devient difficile. Il faut qu’elle retourne à la maison, puis que les services soient disponibles autour d’elle pour vivre son trouble à travers son milieu de vie et quand elle n’a finalement pas de toit, ça n’aide pas sa santé mentale. C’est comme une roue qui tourne», souligne Mme Simon.
C’est d’ailleurs cette roue que le Partage St-François et le CIUSSS de l’Estrie-CHUS souhaitent briser avec le nouveau programme PRISM.
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